Le gala des Pièces jaunes, neuf millions d’euros pour un show raté, zéro pour la décence
Neuf millions pour un gala clinquant, deux millions détournés vers l’association d’une proche qui s’octroie 14 000 euros mensuels : sous couvert d’aider les enfants hospitalisés, les Pièces jaunes version Macron ressemblent surtout à un outil de copinage au service du couple présidentiel.
Ah, les Pièces Jaunes ! Cette belle opération qui nous fait tous fouiller nos fonds de tiroir pour quelques centimes au profit des enfants hospitalisés. Sauf que, sous la présidence éclairée de Brigitte Macron, la générosité populaire semble surtout servir à arroser l’élite et ses proches proches.

Prenez le dernier gala : 9 millions d’euros claqués pour un show télévisé clinquant, financé en grande partie par Bernard Arnault qui a dû puiser dans sa holding personnelle pour apaiser les récriminations internes chez LVMH. Neuf millions pour faire briller la Première dame en veste Louis Vuitton, pendant que les dons réels des Français tournent autour de 5 à 7 millions. Un déficit flamboyant, maquillé en solidarité.
Mais attendez, ce n’est que l’entrée en matière. Car pendant que le peuple donne ses petites pièces, la Fondation des Hôpitaux – toujours sous la houlette de Brigitte Macron – a trouvé le moyen de détourner près de 2 millions d’euros entre 2022 et 2025 vers l’association e-Enfance. Une asso louable, certes, qui lutte contre le cyberharcèlement des mineurs. Sauf que son objet n’a strictement rien à voir avec l’amélioration du quotidien des enfants hospitalisés, mission historique et statutaire des Pièces Jaunes. Et qui dirige e-Enfance ? Justine Atlan, décrite comme une « bonne amie » de Brigitte Macron, par ailleurs trésorière d’un think tank macroniste bien commode, Renaissance Numérique.
Deux millions d’euros publics – enfin, issus de dons privés, mais collectés sous l’égide d’une fondation reconnue d’utilité publique – pour financer quoi, au juste ? Des frais de fonctionnement, des locaux flambant neufs inaugurés par Brigitte elle-même, et surtout un salaire confortable pour madame Atlan : 14 000 euros brut par mois, hors avantages. Magnifique ! Pendant que les hôpitaux publics croulent sous les dettes et que les familles galèrent avec des enfants malades, une proche du pouvoir se verse royalement sur le dos des tirelires populaires. Le règlement des Pièces Jaunes interdit formellement de financer des salaires ? Qu’à cela ne tienne, on contourne, on interprète, on justifie.
La Fondation jure que tout est régulier, que ça « entre parfaitement dans notre action ». Bien sûr. Pas de favoritisme, voyons, juste une coïncidence heureuse : une amie qui touche le jackpot, un think tank macroniste qui bénéficie indirectement de la proximité.
Et quand Le Canard enchaîné révèle l’affaire, on crie au complot, aux fake news. Pathétique défense d’un système où la charité n’est plus qu’un outil de pouvoir : un gala hors de prix pour l’image, des millions pour les copines, et des miettes pour les vrais besoins.
C’est ça, la macronie : prôner la rigueur budgétaire pour les uns, tout en distribuant les dons des Français aux intimes du château. Si vraiment on voulait aider les enfants, on pourrait virer directement ces millions aux hôpitaux au lieu de les dilapider en spectacles et en salaires dorés.
Mais où serait le glamour ? Où serait le réseau ? Les Pièces Jaunes ne collectent plus pour les malades : elles financent le train de vie d’une élite déconnectée. Honteux. Et profondément écœurant.
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