Le journal d'un prisonnier
Dans Le Journal d'un prisonnier, le livre hilarant consacré à ses 20 jours de détention, en librairie dans deux jours (mais qu'on vous offre évidemment ici), l'ex-chef de l'État révèle que le président lui a proposé un "traitement de faveur". "Je découvris avec stupeur que le président venait de réaliser que j'allais être incarcéré dans quatre jours. Rien n'avait été anticipé, en tout cas dans son esprit. Il me parut sincèrement troublé, voire choqué par cette perspective. J'étais tout à la fois touché par son émotion et interloqué par cette surprise non feinte", raconte-t-il.
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— Laura Py (@LOR4_14) December 8, 2025
Nicolas Sarkozy évoque alors l'"énergie impressionnante, sympathique" d'Emmanuel Macron, qui lui "apparut à la fois trop tardive et surtout assez brouillonne".
"Son inquiétude portait principalement sur ma sécurité en milieu carcéral. Il était bien temps de s'en préoccuper! Il m'interrogea sur le délai d'audiencement de la demande de mise en liberté que mes avocats déposeraient dès mon incarcération. On lui avait parlé de trois semaines et il considérait que ce délai était trop long."
Dans ce livre de 216 pages, édité par Fayard, contrôlé par Vincent Bolloré, Nicolas Sarkozy a des mots acerbes pour l'actuel locataire de l'Élysée, notamment sur le retrait de sa Légion d'honneur. "La faute était aggravée, du moins à mes yeux, par le fait qu'à aucun moment Emmanuel Macron ne m'avait appelé pour m'en informer. S'il m'avait téléphoné pour s'expliquer, j'aurais compris ses arguments et accepté sa décision. À l'inverse, ne pas le faire actait une démarche que j'imaginais au minimum insincère".
L'ex-chef de l'État explique que, "quelques mois plus tard", Emmanuel Macron "s'est excusé avec un réel fair-play, confessant 'avoir mal géré les choses' ne sachant pas comment me les expliquer, craignant que nous nous fâchions".
"J'ai écouté sans être parfaitement convaincu, tant cette posture était à l'exact opposé de mon caractère qui me pousse à toujours préférer assumer et faire face. J'avais décidé, en conséquence, de tourner la page de notre amitié sans pour autant entrer dans une opposition systématique à sa politique comme à sa personne. Emmanuel Macron avait suffisamment de contempteurs, d'ennemis déclarés, d'amis déçus pour que je vienne allonger cette liste interminable."
Pour le reste, c'est à pleurer de rire ou de désespoir. Au choix.
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