Le ministre qui juge sa propre chaîne pénale défaillante
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Pour le ministre de la Justice, la « prise de conscience » des violences faites aux enfants reste insuffisante dans la chaîne pénale. Décryptage : qui tient le stylo ?
La déclaration sonne comme un constat de bon sens. Elle pose pourtant une question simple. La chaîne pénale qu'il décrit comme défaillante, c'est celle dont il a la barre. Garde des Sceaux, c'est le ministère de la Justice. Le budget, le calendrier législatif, l'organisation des juridictions passent par là.
Mettons la parole en face de l'agenda. Du 30 juin au 3 juillet, l'Assemblée examine le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le 30 juin, en deuxième lecture, un texte sur le droit de chaque enfant à être assisté d'un avocat en protection de l'enfance. La déclaration et le calendrier, donc, le même jour.
Déplorer un système qu'on dirige, c'est soit un aveu, soit une stratégie. Rarement un hasard.
Le décryptage n'accuse pas. Il rend lisible une mécanique : la distance entre ce qu'un responsable déclare manquer et ce qu'il a le pouvoir d'enclencher.
Synthèse IA Zoé Sagan · le filet
Dix condamnes. Des peines en mois. Une seule voix qu'on empeche encore de parler, deux ans plus tard.