Il dit avoir d’autres chats à fouetter. Sur son domaine, l’Office français de la biodiversité en a déterré.
Les 7 et 8 septembre 2026, Olivier Bouygues a comparu à Orléans avec cinq de ses employés. Le parquet a requis contre lui l’amende maximale prévue par la loi, 750 000 euros. Il conteste tout. Le tribunal rendra sa décision le 23 octobre 2026.
Il dit avoir d’autres chats à fouetter. Sur son domaine, l’Office français de la biodiversité en a déterré.
Les 7 et 8 septembre 2026, Olivier Bouygues a comparu à Orléans avec cinq de ses employés. Le parquet a requis contre lui l’amende maximale prévue par la loi. Il conteste tout. Le tribunal rendra sa décision le 23 octobre. Entre les deux dates, il ne se passera rien, et c’est exactement le sujet.

« Symbolique, car il illustre une situation totalement inédite, avec des gens qui sont pétés de thunes, qui s’exonèrent du respect de la biodiversité. » Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, à l’ouverture du procès, lundi 7 septembre 2026, cité par Vert
Le mot juste est là, et il n’est pas de nous. Il est du président de la LPO, prononcé dans une salle d’audience d’Orléans, devant six prévenus.
Reprenons dans l’ordre, parce que l’ordre suffit.
Ce que le dossier contientLe 5 mars 2025, une source anonyme signale la présence de cadavres d’espèces protégées sur une propriété du Loiret, à La Ferté Saint Aubin. Des perquisitions sont menées. On y trouve des buses, des grands cormorans, des grandes aigrettes, des faucons crécerelles. Les enquêteurs de l’Office français de la biodiversité déterrent également des chats, domestiques et sauvages.
Les visites de la propriété mettent au jour du matériel de chasse prohibé, dont des pièges à mâchoires, et une pelleteuse qui servait à l’enfouissement des animaux. Elles mettent aussi au jour deux documents qui font tout le dossier. Une liste d’espèces protégées désignées comme « nuisibles » à éliminer. Et un système de prime pour ceux qui y parvenaient.
Ce n’est pas un excès de chasse. Une liste et une prime, ce n’est pas un débordement, c’est une procédure. Le dossier ne repose pas sur des cadavres, il repose sur une comptabilité.
Le mardi 8 septembre, le parquet d’Orléans a requis contre Olivier Bouygues 5 ans de prison avec sursis, 750 000 euros d’amende, soit le maximum prévu pour ce type d’infraction, et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec la chasse pendant 5 ans. Les poursuites visent une « atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée ou à son habitat » et une « destruction, transport et détention illicites d’une espèce animale non domestique ».
Contre les cinq autres prévenus, le régisseur du domaine et quatre gardes forestiers, ont été requises des peines de 1 à 4 ans avec sursis, des amendes de 5 000 à 20 000 euros et des retraits temporaires du permis de chasse.
Cinq des six prévenus ont reconnu les faits. Le sixième, non.
Ce que dit la défenseOlivier Bouygues a nié toute responsabilité pendant l’intégralité du procès. Il a dit n’avoir « jamais vu » ce que la procureure appelle un charnier, dont il a reconnu l’existence en préférant le terme de « fosse écologique ». Il a évoqué sa « surprise » à l’annonce de l’ouverture de l’enquête l’an dernier. Son avocat, Éric Grassin, a jugé les réquisitions « excessives ».
« J’ai d’autres chats à fouetter que de gérer au quotidien » les affaires de la propriété. Olivier Bouygues à la barre, tribunal correctionnel d’Orléans, septembre 2026, cité par Vert le 8 septembre 2026
La phrase est de lui. Nous ne la commentons pas, nous la remettons simplement à côté de la liste des primes, puisque c’est précisément ce que le tribunal aura à faire.
Le régisseur du domaine a parlé de « pratiques ancestrales » et de « régulation d’espèces qui menacent notre gibier ou notre poisson ». Selon ses déclarations rapportées par Vert, le propriétaire « ne voulait pas que ça soit rendu public ». Pour la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek Puren, les oiseaux étaient tués afin de « préserver les parties de chasse organisées régulièrement en enlevant les prédateurs du petit gibier », et il s’agit d’une « organisation qui perdure » ayant à sa tête « le même propriétaire ». Les six prévenus ont tous rejeté la qualification de bande organisée.
Le silence des autresLe procès s’est tenu sur deux jours. Il a été couvert par Reporterre, par Vert, par Mag’Centre, par ICI Centre Val de Loire, par Epoch Times et par la Fondation 30 Millions d’Amis. Les grandes rédactions nationales, dont plusieurs appartiennent à des groupes de taille comparable à celui que la famille du prévenu a bâti dans le BTP, les télécoms et les médias, ont été nettement plus discrètes. Depuis le 8 septembre, la date du délibéré n’a fait l’objet d’aucune relance.
Nous avons déjà décrit les clubs où ces dynasties industrielles se croisent le dimanche, les héritiers qui possèdent la presse qui les couvre, et ce qui arrive à une hiérarchie de fortunes quand on la regarde de près. Nous avons aussi raconté ce qu’un terrain de chasse veut dire quand il est bien choisi. Et il y a quinze jours, une juridiction administrative rappelait qu’un ministre n’est pas fondé à se plaindre. La justice française sait écrire ces phrases là. Elle les écrit rarement le même mois.
Une quinzaine d’associations de protection de l’environnement se sont constituées parties civiles selon Vert, une dizaine selon Reporterre. Nous signalons l’écart sans le trancher. Elles réclament plusieurs dizaines de milliers d’euros en réparation du préjudice écologique et moral.
Le tribunal correctionnel d’Orléans rendra sa décision le 23 octobre 2026.
À 14 heures, Millon disperse à Drouot les 160 œuvres himalayennes de Liliane et Michel Durand Dessert. Les galeristes qui ont imposé Richter en France avaient aussi réuni des masques de dieux terribles. Trois ventes parisiennes en trois jours.
La Fashion Week de Milan court du 22 au 28 septembre 2026. 203 rendez vous, 61 défilés dont 54 physiques et 7 numériques, 88 présentations. Le calendrier officiel annonce deux catégories de débuts dans le même paragraphe.
Xi Jinping arrive mercredi à Washington, reçu au pied de l’avion. Dîner d’État jeudi 24 septembre dans l’East Room, Archives nationales vendredi. Sur la liste d’invités rapportée par la presse américaine, six noms ne sont chefs d’aucun État.
La fusion Paramount et Warner Bros. Discovery est gelée par la justice fédérale. À partir du 1er octobre, Paramount doit 7 millions de dollars par jour aux actionnaires de Warner. Le groupe réclame aux douze États plaignants et au syndicat des scénaristes 1,88 milliard de caution.
Le 24 juillet, l'Arcom a infligé 200 000 euros pour incitation à la haine. Dans la décision, la chaîne s'appelle la Société d'exploitation d'un service d'information, et les intervenants s'appellent M. X et M. Y. Les dirigeants venus s'expliquer, eux, sont nommés.
Spotify affiche depuis mi septembre un badge AI Persona qui repose d'abord sur la déclaration de l'artiste. Deezer analyse le signal depuis 2025, reçoit 75 000 titres d'IA par jour, et mesure que jusqu'à 85 pourcent des écoutes de ces titres étaient frauduleuses.