« 80 % des boulangeries sont susceptibles de fermer en janvier », le coup de gueule d’un artisan face aux prix de l’énergie
Le coup de gueule du jour a été poussé du côté d’Agen, ce mardi 13 décembre 2022. Frédéric Nicolle, un boulanger, a confié à Sud-Ouest sa désolation. En décembre, il a reçu une facture d’électricité de 62 313 euros. Selon lui, c’est un retard qui lui a valu cette lourde somme à payer : « J’ai eu quatre jours de retard, car j’attendais d’être rémunéré par les collectivités que j’approvisionne. Pour ces quatre jours de retard, on m’envoie donc une note de pénalités de l’ordre de plus de 62 000 euros… »
Comme si cela ne suffisait pas, ce retard a eu des conséquences dramatiques pour l’artisan agenais… « Le contrat avec mon fournisseur arrivait à terme en cette fin d’année. J’avais négocié, par anticipation avec un courtier, un nouveau tarif avec ce même fournisseur », raconte Frédéric Nicolle. Le fournisseur saute sur l’occasion du retard pour annuler le prix négocié. C’est le coup de grâce pour le boulanger qui va passer de 3 000 à 10 266 euros par mois d’électricité.
Défait, il reconnaît à avoir du mal à envisager l’avenir et qu’il a beaucoup pleuré. Selon lui, les grandes entreprises sont à l’origine de tous ses maux. « C’est peut-être fort, mais j’ai l’impression d’avoir affaire à des profiteurs de guerre. J’ai pris un avocat. Je ne sais pas si c’est illégal, mais c’est en tout cas très immoral ! », se désole Frédéric Nicolle.
Pour le moment, l’artisan n’a pas augmenté ses prix, mais il pourrait ne « pas avoir le choix » prochainement. Catégorique, Frédéric Nicolle ne se fait pas beaucoup d’illusions pour l’avenir : « 80% des boulangeries sont susceptibles de fermer en janvier. Et ça, personne ne semble s’en préoccuper. »
Une éclaircie semble s’être invitée dans l’orage traversé par le boulanger. Le fournisseur a finalement décidé d’effacer sa dette de 62 000 euros. Toutefois, il lui demande « de leur avancer trois mois de caution dans le cadre du prochain contrat ».

Source : Capital
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