Les Caprices de l'enfant roi : le petit rire de trop
Michel Leclerc cache le futur Roi Soleil dans la troupe de Molière et signe une fantaisie historique généreuse. Reste une réplique, et surtout un rire dans la salle, qui en disent plus long que tout le film.
Contre-Champ · Critique cinéma
Les Caprices de l'enfant roi : le petit rire de trop
Michel Leclerc cache le futur Roi Soleil dans la troupe de Molière et signe une fantaisie historique généreuse. Reste une réplique, et surtout un rire dans la salle, qui en disent plus long que tout le film.
Bande-annonce officielle · Le Pacte
1651. La Fronde gronde, Anne d'Autriche exfiltre son fils de treize ans et le remplace par un sosie. D'Artagnan confie le gamin à Cyrano de Bergerac, qui le planque au milieu des comédiens de Madeleine Béjart et de Molière. Le carton d'ouverture prévient : une histoire vraie, sauf pour les historiens. Michel Leclerc ne cherche pas la reconstitution, il cherche le jeu. Il attrape nos figures les plus rebattues, Cyrano, d'Artagnan, Molière, le petit Louis, et les fait entrer dans la même pièce comme on réunirait une bande de super-héros de manuel scolaire.
Ça pourrait s'effondrer sous la référence. Ça tient, parce que la troupe tient. Artus prête à Cyrano son nez, ses tirades et une mélancolie de type qui rate tout, jusqu'à sa propre mort. Franck Dubosc promène un d'Artagnan fatigué par sa légende, Doria Tillier glace tout ce qu'elle touche en Anne d'Autriche, Julia Piaton illumine les marges. On sent une équipe qui s'aime, et ça se voit à l'écran, ce qui ne s'achète pas. Le film est long par endroits, absurde par moments, mais il avance dans la lumière, à la Rappeneau, à la de Broca, sans le moindre complexe de comédie populaire.
Le vrai sujet de Leclerc est pourtant ailleurs que dans le cape et d'épée. C'est un film sur la fabrication d'un roi. Comment un enfant que tout le monde manipule apprend, au contact du théâtre, à tenir un rôle, puis à tenir un royaume. Le plateau comme école du pouvoir : jolie idée, et le cinéaste y croit assez pour la filmer sans ironie.
L'ironie, il la garde pour l'époque. Le film est truffé de clins d'œil au présent, petites piques glissées entre deux duels, sur le vote, sur les puissants, sur nous. C'est devenu un genre en soi, l'anachronisme complice, la vanne qui fait un pas de côté vers la salle pour vérifier qu'on a bien compris. Leclerc le pratique avec métier.
Et puis il y a la réplique. Un roi de treize ans qui aime une femme de théâtre de vingt ans son aînée, et le film qui laisse tomber, en guise de chute, l'idée que oui, ça existe. La salle a ri. Un rire nourri, chaud, immédiat. C'est là que le film cesse un instant d'être un film pour devenir un test. Car ce rire ne porte pas sur Louis XIV. Tout le monde, dans la salle, sait vers quel visage du présent la vanne fait signe, et personne n'a besoin qu'on le nomme : le film a tout calculé pour que le décodage se fasse sans lui, à notre place.
Je ne suis pas sûre que ce rire soit innocent, et je ne suis pas sûre que le film l'ignore. Une salle d'adultes qui s'attendrit gaiement sur l'idée d'un enfant amoureux transformée en destin, ce n'est pas un son neutre. Leclerc n'accuse rien, ne démontre rien : il tend la perche, encaisse le rire, et enchaîne avant qu'on ait eu le temps de se demander ce qu'on vient exactement de trouver drôle. Le procédé est propre. Il est aussi le seul endroit du film où le cinéaste se fait plus petit que son sujet.
Pour le reste, Les Caprices de l'enfant roi tient sa promesse : une comédie de troupe solaire, bien troussée, qui aime ses acteurs et son Histoire de pacotille. Le panache est là. Il n'avait simplement pas besoin du petit rire de trop.
z/S
PARADISE #024. La presse française art mainstream ignore Frida pendant 50 ans. Diego mentionné Le Monde 84 fois 1936 à 1980, Frida 12 fois. Casa Azul 850 000 visiteurs annuels 2024. Marché commercial Frida 800 millions dollars annuels 2024 mais zero royalty famille. Procès Mattel 2014. Rep
L'horoscope qui ne flatte pas. Douze signes, douze lectures spectrales signées L'Oracle z/S.
Un humoriste qui a bati son succes hors du systeme Bollore et qui assume des provocations sur les hommes et les femmes. Portrait d'une posture, avantages et angles morts.
Apres la mort de Louis a Narbonne, une emission dit tout haut une vraie detresse. Puis elle derape vers l'irreparable. On separe la douleur du poison.
Un essayiste aligne les chiffres du declin scolaire francais. Ils sont tetus, sources, et genants. Reste a distinguer le constat, solide, du cadre qui l'emballe.
La video affirme que les morts de Bergame etaient fabriques. Les chiffres officiels italiens disent l'exact contraire. Demontage, donnees a l'appui.