850 000 enseignants rentrent ce lundi, et deux académies distribuent les emplois du temps sur papier
Le ministère a révélé le vol le 31 juillet. Il avait été constaté six jours plus tôt. Cinq semaines après, Toulouse et Nantes font leur rentrée sans messagerie, sans applications métier, et sans le seul chiffre qui compterait vraiment : combien d’élèves.
850 000 enseignants rentrent ce lundi, et deux académies distribuent les emplois du temps sur papier
Le ministère a révélé le vol le 31 juillet. Il avait été constaté six jours plus tôt. Cinq semaines après, Toulouse et Nantes font leur rentrée sans messagerie, sans applications métier, et sans le seul chiffre qui compterait vraiment : combien d’élèves.
Lundi 31 août 2026, plus de 850 000 enseignants reprennent le chemin des classes. Dans 28 des 30 académies, le ministère a annoncé vendredi soir un retour à la normale. Restent Nantes et Toulouse, où les conséquences de la cyberattaque de l’été n’ont pas été résorbées et où plusieurs accès aux outils numériques avaient été suspendus à titre préventif, compliquant les préparatifs pour les chefs d’établissement (AFP via La Gazette France, 31 août 2026).
À Toulouse, le recteur Karim Benmiloud annonce un rétablissement complet des outils numériques d’ici à « environ deux semaines », avec des espaces numériques de travail relancés le 7 septembre. Les accès aux messageries et aux applications professionnelles restent coupés jusqu’à nouvel ordre. Le planning des cours sera remis aux élèves en version papier. À Nantes, seul un accès partiel aux messageries est possible, en fonction des appareils et des configurations utilisées.
Voilà pour les faits. Maintenant, le compteur. Le ministère a révélé le 31 juillet qu’un important vol de données avait été constaté six jours plus tôt, donc le 25 juillet. Mi août, des attaquants ont revendiqué des données personnelles de plusieurs dizaines de milliers d’enseignants et d’élèves. Le 17 août, le groupe ZeroBytes est allé bien plus loin, en revendiquant environ 43 gigaoctets répartis dans 2 500 fichiers, soit 346 millions de lignes brutes et non dédupliquées, et potentiellement plus d’un million d’élèves. Au 24 août, aucun nombre officiel d’élèves ou de personnels victimes n’avait été confirmé par le ministère (IT for Business, 24 août 2026).
Retenez ce déséquilibre, parce que c’est le sujet. D’un côté, l’administration publie 98,5 % de postes pourvus dans le premier degré contre 92,1 % l’an dernier, et 96,1 % dans le second degré contre 90,6 %. Elle publie ces chiffres vite, parce qu’ils sont bons. De l’autre, elle ne publie pas le nombre d’enfants dont les coordonnées, la scolarité et parfois les appréciations circulent sur un forum. Elle poursuit ses investigations. Cinq semaines.
Un dernier chiffre, celui du baromètre du SE-Unsa : sur environ 43 000 répondants, 0,3 % se disent confiants dans l’avenir du système éducatif. Trois pour mille. Ce n’est pas un sondage d’opinion, c’est un relevé de température dans un corps de métier. Le gouvernement, lui, a inscrit un seul point à l’ordre du jour de son Conseil des ministres de ce lundi matin : la rentrée scolaire. Il ne restera plus qu’à décider dans quel format on la présente, puisque l’art de faire coïncider deux annonces contradictoires le même jour est devenu la compétence la mieux partagée de l’exécutif.
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a par ailleurs commenté l’autre nouveauté de la rentrée, l’interdiction des téléphones portables au lycée : « Que l’interdiction mette quelques semaines à prendre corps, c’est normal. Il n’y a pas de quoi s’en inquiéter et ça se fera au rythme ordinaire de la vie d’un établissement. » Quelques semaines pour retirer les téléphones des élèves. Environ deux semaines pour rendre aux enseignants de Toulouse l’accès à leur propre messagerie. La symétrie est involontaire. Elle est parfaite.
Sur le mur d’un vestiaire d’école, une affiche dit « Avoir confiance, se respecter ». C’est la première chose qu’un enfant lit en accrochant son cartable. C’est aussi, mot pour mot, ce que l’État demande aux familles dont il n’a pas encore réussi à compter les dossiers volés.
NOTE DE TRANSPARENCE · le nombre exact d’élèves et de personnels concernés n’est pas vérifiable à ce jour, faute de communication officielle du ministère. Le volume de 43 Go, 2 500 fichiers et 346 millions de lignes est une revendication du groupe attaquant, rapportée par la presse spécialisée et partiellement examinée par Le Monde sur échantillons, jamais confirmée par l’administration. Nous la présentons comme une revendication, pas comme un fait établi. Aucun post ni canal original des attaquants n’a été consulté ni embarqué. La citation de Sophie Vénétitay est reprise de la dépêche AFP, pas d’un entretien direct. Le témoignage de l’enseignante toulousaine cité par l’AFP est anonyme, nous ne le reproduisons pas comme verbatim attribué.
Sixième édition des Journées Particulières, du 16 au 18 octobre. 46 Maisons, entrée gratuite, thème « Aux Racines du Rêve ». Le groupe a corrigé son décompte en cours de route et a oublié de corriger l’URL. Nous, on lit les URL.
Jeudi 27 août 2026, une lettre ouverte est publiée sur le site d’OpenAI. Elle est signée par ceux qui fabriquent les modèles, par ceux qui vendent la protection contre les modèles, et par ceux qui achètent les deux. Aucun engagement chiffré. Aucune échéance. Aucun montant.
À 16h30, sur le pont de l’Amiral Ronarc’h, Emmanuel Macron et Ulf Kristersson signent la vente de quatre frégates françaises à la Suède. À la même heure, à l’Hôtel des Invalides, ses ministres cherchent comment financer un budget 2027.
Le lieu a été choisi à dessein. La méthode aussi. Un gouvernement qui traite de la sécurité de son système d’information commence par retirer le système d’information de la pièce. Ce n’est pas une contradiction. C’est un aveu, et il est daté du 31 août 2026.
Le PDF envoyé par courriel cesse d'être une facture valable. Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir en recevoir dès le 1er septembre. Le ministre a annoncé qu'aucune sanction ne serait appliquée avant 2027.
Le Conseil constitutionnel a vidé le texte le 14 août. Le gouvernement l'a promulgué quand même le 24. Ce qui s'applique demain dans les lycées, ce n'est pas la protection annoncée, c'est le droit de vous prendre votre portable.