Troisième au générique, elle a quitté le film pour produire le sien. Et le dernier jour du dépôt, le patron du studio a désavoué sa propre commission d’investiture
Dans les Bouches du Rhône, la liste d’union de la droite et du centre avait l’investiture officielle de la commission nationale de LR. Vendredi, dernier jour du dépôt, le président de LR a soutenu la liste dissidente. Les sénateurs centristes ont répondu deux mots sur X : coup de poignard.
Troisième au générique, elle a quitté le film pour produire le sien. Et le dernier jour du dépôt, le patron du studio a désavoué sa propre commission d’investiture
Troisième. Pas première, pas deuxième : troisième, derrière une sénatrice UDI sortante et derrière un ancien président de région. Sur une liste au scrutin proportionnel, où l’ordre n’est pas une politesse mais une arithmétique, et où la parité impose l’alternance homme femme comme un plan de salle. Voilà ce qu’on lui proposait en juillet. Un rang qui se lit comme un égard et s’écrit comme une sortie.
Valérie Boyer, sénatrice LR sortante, a fait ses comptes. Elle s’est déclarée « en décalage politique » avec Brigitte Devésa, la tête de liste UDI, et a regretté de ne pas avoir la première place. Elle a monté sa propre production, sous un titre que les scénaristes n’auraient pas osé : « une droite libre et républicaine des maires au service des maires ».
Voici la distribution qu’elle a quittée, dans l’ordre : Brigitte Devésa (UDI, sortante), Renaud Muselier, Véronique Miquelly, Michel Pécout (DVD). Liste d’union UDI Renaissance LR. Et une ligne au bas de l’affiche que personne n’a lue à voix haute cette semaine : cette composition avait reçu l’investiture officielle de la commission nationale d’investiture de LR, présidée par le sénateur Roger Karoutchi.
Retenez ce nom, il sert à la fin.
Vendredi 11 septembre, jour de clôture du dépôt des listes pour le scrutin du 27, Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à la présidentielle, publie son soutien dans les colonnes de La Provence. Pas à la liste investie par sa commission. À la dissidente.
Lisez la dernière phrase deux fois. « Nécessaire pour représenter LR au Sénat. » Il y avait déjà une liste pour représenter LR au Sénat. C’est son parti qui l’avait investie.
La réaction est venue du groupe centriste, présidé par Hervé Marseille, par le compte officiel des sénateurs centristes.
Le coup de poignard est une bonne formule et elle occupe tout le champ, ce qui est exactement son métier. Elle raconte une querelle entre deux familles : la droite et le centre, LR contre UDI, le chef de parti contre ses alliés. Ce n’est pas l’histoire.
L’histoire, c’est que le président des Républicains a désavoué la commission nationale d’investiture des Républicains, présidée par un sénateur des Républicains, au profit d’une candidate des Républicains partie parce qu’elle était troisième sur une liste des Républicains. Il n’y a pas deux camps dans cette affaire. Il y en a un, et il se poignarde tout seul, le dernier jour, dans un quotidien régional.
On a déjà vu ce scénariste à l’œuvre. C’est le même qui a fait voter sa loi anti entrisme au Sénat en mai, sur le thème des loyautés cachées. La chambre haute, elle, sait déjà exclure les siens quand elle le décide. Et pendant que la droite arbitre ses génériques, le RN signe des mémorandums à Birmingham et vise les 10 élus qui lui donneraient, pour la première fois, un groupe au Sénat.
Le décor, pour ceux qui arrivent en cours de projection : 178 sièges sur 348 sont remis en jeu le 27 septembre, dans 63 départements, devant un corps électoral de 162 000 grands électeurs composé à 95 % de conseillers municipaux. Le vote est obligatoire. Aucun d’entre eux n’a été consulté sur l’ordre des affiches.
GÉNÉRIQUE DE FIN. Investiture nationale délivrée par la commission de Roger Karoutchi. Retirée de fait par le président du même parti. Le dernier jour du dépôt. Dans un quotidien régional. Aucun animal n’a été blessé pendant le tournage, seulement une majorité sénatoriale.
· Public Sénat, Sénatoriales dans les Bouches du Rhône : « Coup de poignard », 11 septembre 2026 · lien
· La Provence, sénatoriales 2026, soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer · lien
· Post du compte X des sénateurs centristes · lien
À 20 h 08, la machine a rempli le dossier de la société qu’elle a construite, et l’a envoyé à ceux qui l’ont construite, elle.
Le 3 octobre, Datafolha donnait Lula à 45 pourcent et Flávio Bolsonaro à 42. Le 4 octobre, les urnes donnent Flávio à 47 et Lula à 45. Second tour le 25 octobre, 2 jours avant les 81 ans de Lula.
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Le 25 juin, onsemi promettait 7 milliards en actions pour Synaptics au nom de l’IA physique. L’action a perdu environ 23 pourcent. Le 1er octobre, l’accord est révisé : 123 dollars par action en liquide, environ 5,7 milliards.
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