Nvidia loue un bâtiment, sous loue ses propres puces à son propre client, et appelle ça un cercle vertueux
35 milliards de dollars signés lundi par Anthropic. Quatre acteurs, quatre étages de contrat, et un seul nom qui apparaît à trois d’entre eux. Ce n’est pas une accusation : c’est le montage tel que le décrivent le Wall Street Journal et l’AFP, étage par étage.
Nvidia loue un bâtiment, sous loue ses propres puces à son propre client, et appelle ça un cercle vertueux
35 milliards de dollars signés lundi par Anthropic. Quatre acteurs, quatre étages de contrat, et un seul nom qui apparaît à trois d’entre eux. Ce n’est pas une accusation : c’est le montage tel que le décrivent le Wall Street Journal et l’AFP, étage par étage.
Lundi 31 août 2026, Anthropic a signé un contrat d’environ 35 milliards de dollars sur six ans pour louer de la puissance de calcul auprès de Lambda, fournisseur de services informatiques soutenu par Nvidia, dans un centre de données en développement au Texas (AFP via Boursorama). Il s’ajoute à un contrat d’environ 45 milliards de dollars signé la semaine précédente avec la société britannique Nscale, également soutenue par Nvidia, pour un site en Virginie-Occidentale.
Le montage mérite d’être déplié parce qu’il est rarement écrit en entier. Le site texan est développé par Hut 8, ancien mineur de bitcoin reconverti. C’est Nvidia qui détient le bail du centre de données auprès de Hut 8. Lambda, dont Nvidia est actionnaire, loue cet espace à Nvidia pour y installer des puces Nvidia. Puis Lambda facture le service final à Anthropic (Génération NT, d’après le Wall Street Journal et Reuters). Le même nom apparaît comme propriétaire du bail, comme actionnaire du loueur, comme fabricant du matériel et, depuis novembre 2025, comme investisseur dans le client final à hauteur de 10 milliards de dollars.
Le mot qui désigne cette figure n’a pas été inventé par la critique. Il a été prononcé par la direction financière de Nvidia elle même, mercredi 26 août, en présentant les résultats du deuxième trimestre.
Sa justification est cohérente et mérite d’être rapportée telle quelle : les laboratoires de pointe, dit elle, connaissent une croissance plus rapide que ce que leurs bilans et leurs profils de crédit peuvent supporter, et ne pourront emprunter seuls à des taux compétitifs que plus tard. En attendant, « Nvidia est nécessaire pour aider à alimenter ce cercle vertueux ». Le directeur général Jensen Huang a été plus bref sur X le jour de l’annonce de la garantie de l’Ohio : à sa propre question, « S’agit il d’un financement circulaire ? », il a répondu « Non », en comparant l’opération à la sécurisation d’intrants dans une chaîne d’approvisionnement.
Les ordres de grandeur, eux, ne se discutent pas. Nvidia est la seule entreprise au monde valorisée 5 000 milliards de dollars. Elle s’est alliée le 10 août à six géants de la finance nord américaine pour réunir à terme plus de 500 milliards de dollars destinés à financer les achats de ses clients, sans accord définitif à ce stade. Une semaine plus tard, elle accordait une garantie pouvant atteindre 105 milliards sur le méga centre de données que louera OpenAI dans l’Ohio. Elle a investi près de 50 milliards de dollars dans les laboratoires d’IA de pointe. Et le lendemain de la conférence de résultats, sa capitalisation gagnait 442 milliards de dollars en une seule séance, deuxième plus forte hausse quotidienne de l’histoire boursière.
Côté Anthropic, les engagements financiers publiés dépassent 130 milliards de dollars depuis le début de l’année selon le décompte de l’AFP, 135 milliards selon Génération NT. L’entreprise, dont la valorisation approche 1 000 milliards de dollars, prépare une entrée en Bourse à l’automne. Elle avait reconnu en avril être en difficulté pour satisfaire la demande, au point de dégrader son service aux heures de pointe. La course à la puissance n’est donc pas spéculative : la contrainte physique est réelle, et c’est précisément ce qui rend le montage financier possible.
Voilà l’objet exact de la journée. Une pénurie authentique, une demande authentique, et un circuit de financement où le vendeur garantit la solvabilité de l’acheteur pour qu’il puisse acheter. Les deux choses sont vraies en même temps. C’est ce qui rend l’avertissement adressé au G20 par le président du Conseil de stabilité financière la veille difficile à ranger dans la catégorie du catastrophisme. Il ne dit pas que la demande est fausse. Il dit que des positions similaires financées à crédit peuvent se dénouer en même temps.
NOTE DE TRANSPARENCE · le contrat de 35 milliards de dollars a été confirmé à l’AFP par une source proche du dossier restée anonyme, et n’a fait l’objet d’aucun communiqué officiel des parties au moment de la rédaction. Le montant total des engagements diverge selon les décomptes, plus de 130 milliards pour l’AFP, plus de 135 milliards pour Génération NT : les deux chiffres sont donnés tels quels. Le message de Jensen Huang sur X est rapporté par le Wall Street Journal et n’est pas embarqué ici : l’adresse exacte du message original n’a pas été vérifiée, et la maison ne fabrique jamais une adresse de publication. La citation de Colette Kress provient d’une traduction automatique Dow Jones de la version anglaise, signalée comme telle par le diffuseur.
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