Un décret plafonne les arrêts maladie le 1er septembre. Le 2, le cinéma français ouvre un cabinet médical en banlieue
La Dernière patiente sort ce mercredi. Anouk Grinberg y joue Judith, médecin de banlieue, qui ouvre sa porte la veille de sa retraite à une femme enceinte de 8 mois en rupture de soin. Premier film de Rémi Bassaler, 1h20, et le calendrier lui offre une actualité que personne n’a demandée.
Un décret plafonne les arrêts maladie le 1er septembre. Le 2, le cinéma français ouvre un cabinet médical en banlieue
Parce que la veille, mardi 1er septembre, un décret est entré en vigueur. Le 2026-498, celui qui fixe 31 jours pour un arrêt de travail, 62 pour une prolongation, et qui prévoit, dans le même texte, une dérogation pour désert médical. L’État écrit noir sur blanc que certains territoires n’ont plus assez de médecins pour renouveler une ordonnance dans les temps. Le cinéma français, lui, sort le jour d’après un film entier sur ce constat. Personne ne s’est concerté. C’est plus fort que ça : c’est le réel qui déborde de partout.
La Dernière patiente est le premier long métrage de fiction de Rémi Bassaler. Formé à La Fémis, passé par le documentaire, il en garde la méthode : 1h20, pas de gras, un réalisme tenu de bout en bout. Visa d’exploitation 165833, distribution Tandem, 280 séances recensées le jour de la sortie selon AlloCiné. Au générique : Anouk Grinberg en Judith, Luàna Bajrami en Aïda, Félix Lefebvre et Achille Reggiani autour. Le scénario est cosigné avec Marion Defer.
D’où vient ce film ? D’une image, raconte Bassaler dans ses notes d’intention : une femme médecin prise dans un quartier de grands ensembles en cours de démolition. Et d’une biographie : sa mère, infirmière en milieu rural en Corrèze, qu’il a toujours vue se démener pour ses patients au mépris de sa propre santé, et qui est arrivée à la retraite épuisée physiquement, chamboulée psychologiquement. Judith, c’est elle, et c’est des milliers d’autres. Le réalisateur dit vouloir combler un manque : les femmes de plus de 50 ans, héroïnes principales, le cinéma français n’en fabrique presque jamais.
Grinberg tient le film. La critique la décrit en médecin envers et contre tout, dans un drame haletant qui traverse en 24 heures la casse des services publics, le traitement des femmes dans la médecine et les violences conjugales. Trois sujets, une nuit, 80 minutes. Le programme est chargé, la durée est courte : c’est un choix de documentariste, pas un défaut de fabrication.
La concurrence du jour est rude et cohérente. Ce même mercredi sortent Trois adieux d’Isabel Coixet, adapté du livre que Michela Murgia a écrit en se sachant condamnée, et Amours, le programme de trois moyens métrages porté par Alice Diop. Une semaine de rentrée où le cinéma français regarde la maladie, la fin, le soin. Le divertissement attendra.
Et si vous pensez que le sujet est une trouvaille de scénariste, relisez nos archives : en janvier 2023, nous écrivions déjà que des hôpitaux français manquaient de médicaments. Trois ans et demi plus tard, la pénurie a son décret, sa dérogation, et maintenant son film.
La dernière image du synopsis officiel tient en une phrase : une nuit où toutes les convictions d’une soignante seront mises à l’épreuve. Sortez de la salle, rallumez votre téléphone, relisez le journal officiel du 1er septembre. La nuit de Judith ne s’arrête pas au générique.
AlloCiné · fiche du film, visa 165833, distribution Tandem, secrets de tournage
franceinfo · Anouk Grinberg en médecin envers et contre tout, dans un drame haletant
ICI · Anouk Grinberg raconte le quotidien d’une médecin de banlieue
Sortiraparis · une urgence médicale et sociale
Bande annonce officielle, YouTube
Sept questions pour situer votre organisation sur la courbe de Libres d’obéir : où pouvez-vous encore freiner ? Deux minutes, rien n’est enregistré.
Le management a-t-il des sources nazies ? Chapoutot dit oui et non. Ses critiques l’attaquent sur la méthode. Nous instruisons la querelle jusqu’au verdict.
Un général SS devenu le pape du management ouest-allemand, 600 000 cadres formés à la délégation de responsabilité : ce que raconte vraiment le livre de Johann Chapoutot.
La phrase de Swann Arlaud a mis le feu aux rédactions. Elle est fausse au pied de la lettre et juste dans sa généalogie. Démontage pièce par pièce, de Vichy à VivaTech.
Le film d’Emmanuel Marre, Prix du scénario à Cannes, filme Vichy depuis un bureau de Limoges. Un ingénieur, des formulaires, une courbe, et la question qui fâche : d’où vient le management ?
Art Basel Paris ouvre ses Preview Days au Grand Palais le 21 octobre, avec plus de 200 galeries de 41 pays. C’est la première édition de Karim Crippa, qui dirigeait jusque-là la communication de la foire.