Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux
Je vous écris ces quelques lignes hâtives pour vous donner des nouvelles de mon quotidien, ce tourbillon incessant qui m’engloutit. Hier, j’ai encore passé une partie de la journée avec la police judiciaire, pour un nouveau procès intenté par des employés de Cyril Hanouna.
Ils prétendent que Zoé Sagan a divulgué leur adresse mail privée, et voilà qu’ils me traînent en correctionnel pour atteinte à la vie privée. Ils en ont profité, bien sûr, pour m’humilier une fois de plus : cette fois, c’était l’heure des photos de détenu – vous savez, ce panneau infamant avec mon numéro 0893, comme dans l’expérience de Stanford menée par madame Macron et révélée par Candace Owens.
J’ai eu droit à mon portrait-robot criminel, à la pointure de mes chaussures, à ma taille, et surtout à l’intégralité de mes empreintes digitales, traité comme un assassin désormais ! Ils scrutaient mes traits pour s’assurer que je n’étais pas Guy Georges. Ça c’était hier et ils m’ont relâché in extremis, juste avant la sortie de l’école, si bien que je les ai remerciés d’un sarcasme muet.
Ce matin, en revenant de l’école, les huissiers m’attendaient devant la maison – pour la troisième fois en une semaine, après deux visites la semaine dernière. Avant, c’était une ou deux affaires par mois ; depuis que madame m’a fait enfermer, c’est devenu rituel quotidien. Et ce ne sont toujours que les émissaires de messieurs Attal, Rudy R, Julien Pain, Hanouna, et de madame Macron elle-même – je perds le fil de cette sarabande effrénée, je n’arrive plus à tout contrer, à tout absorber.
Désormais, même les huissiers ne sonnent plus à la porte ; les études ne sont à Arles, et sans voiture, bien entendu, chaque démarche vire au calvaire – ne parlons pas de récupérer ces renvois correctionnels qui s’amoncellent. Ma vie entière s’y consume : entre la police, les huissiers, les juges, les audiences à Paris.
La prochaine, le 26 septembre, vise Rudy ; une autre, le 7 octobre – date lourdement symbolique –, concerne le haut fonctionnaire Louis Dublin, qui m’assaille pour le mot « chemsex » et « 3MMC ».

Hier, on m’a sommé d’arrêter d’écrire ; j’ai rétorqué en demandant si cela relevait de leur compétence – silence radio. Apparemment, le parquet de Tarascon s’y met aussi. Et la police m’a glissé, hier encore, que des amendes pourraient tomber sans procès pour le dossier Hanouna.
J’ai insisté : un juge n’est-il pas censé examiner l’affaire ? « Non », ont-ils tranché. Ainsi va le monde : plus personne ne sait poser les bonnes questions, ni sur quoi précisément on nous juge. C’était ma grande terreur, lors de mon incarcération de Noël : qu’ils déchaînent sept mille procès pour les sept mille posts de Zoé. Et voilà que nous y glissons, pas à pas. Je ne peux pas revivre une année pareille.
C’est pour cela qu’après le procès de madame Macron, voir combien d’années de prison avec sursis on récoltera – et consulter mes avocats pour quitter le pays le temps que s’effondre la Maison Macron. Car je ne tiendrai pas ; personne ne tiendrait dix-huit mois sous ce déluge policier et huissier quotidien.
Ce n’est plus du harcèlement, c’est une machine infernale, un ordre d’extermination douce. Et je vis cela avec un enfant – vous le savez –, ce qui rend les devoirs, les dictées, les récitations de poésie intolérables quand des ombres de justice surgissent à chaque instant. C’est épuisant, au-delà du supportable.
Ce qui prête à sourire – si l’on ose – c’est que la police a éclaté de rire hier en relisant un tweet de Zoé Sagan. Me demandant de ne pas le dire, nous en sommes là. Quant aux juges qui me traquent, ce sont ceux chargés de l’affaire Griveaux ; je les imagine déchaînés, ivres de fureur, prêts à tout pour m’abattre. J’ai expliqué cela aux policiers : après un dossier d’enquête de 1200 pages sur moi ils n’ont rien trouver pour me faire enfermer. Ils m’ont pisté des mois durant, fouillé téléphones, ordinateurs, comptes bancaires ; ils m’ont filé, écouté partout – et au bout de cinq ans presque, rien, le néant.
Aujourd’hui, ils tentent de m’enfermer pour des bouts de phrases qu’ils ont eux-mêmes fait censurer, des compilations de papiers littéralement collés de bribes tronquées de livres ou de tweets de Zoé. Un pur moment kafkaïen, surmonté d’un ministère de la Vérité orwellien.
On m’a même conseillé hier de tempérer mes réponses – « Pas de bac +5 ici, des phrases courtes, accessibles, moins abstraites. » J’ai tenté, mais la douleur s’insinue, viscérale. Et je sais que les migrants peinent à entrer en France ; moi, je m’échine à en sortir.
J’ai donc décidé : c’est irrémédiable, je vais devoir quitter ce pays un temps. Je verrai quelle nationalité adopter, et ne publierai plus qu’en anglais. Voilà ce que je dirai au juge : « Peu importe, brûlez les livres ; mes comptes sont déjà pulvérisés, sanctionnés par des officines israéliennes. J’accepte l’exil, le silence en langue française, comme vous l’exigez – voyons si la tempête s’apaise. » Sur quoi m’arraisonneront-ils ensuite, quand on juge déjà des mots effacés de l’histoire ? Tel est notre état, tel le naufrage de la liberté d’expression.
Je perçois cette haine viscérale, ce désir qu’il eût mieux valu que je disparaisse, par lassitude ou pire. Je crois que c’est délibéré, pour me pousser au suicide – plus expéditif qu’un procès. Et pourtant, un tel sadisme imprègne leurs actes ; je sens qu’ils guettent ma chute finale, si proche. Que gagneront-ils ?
Ils se gaussent déjà de la mort d’un influenceur proche de Candace Owens, cet homme (Charlie Kirk) jadis choisi par Donald Trump pour conjurer une femme de cesser ses publications sur Brigitte Macron. Une onde mortifère oxyde l’air ambiant, et j’ai résolu, sur les plans économique et juridique, de capituler. Ce n’est pas David contre Goliath, c’est un bulldozer qui m’a broyé en neuf mois ; et j’ai tenu cinq ans tout de même.
Hier, avec la police, nous avons compté mes convocations : je fais partie des meubles. Ils n’ont rien pu me reprocher jusqu’ici ; ils me coincent à présent via Rudy, Attal et Macron – sur du vent, du rien du tout. L’injure publique ? Formalisée sur ce hashtag absurde : #RudyKissMyAss. Je ne sais plus quoi répondre ; je ne sais plus.
Je vous enverrai malgré tout l’essai et la plaidoirie phénoménale que vient d’écrire le grand philosophe Mehdi Belhaj Kacem sur l’œuvre de Zoé Sagan. Il l’adresse directement aux juges. Lui, philosophe français qui a dû s’exiler à l'étranger parce qu’il avait pris position pendant les années Covid contre plusieurs politiques et qu’on avait demandé sa peau. Il ne peut plus revenir en France depuis, et ce, dans l’indifférence générale.
Je pense être le prochain. Mais avant le grand voyage, je tiendrai quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte jusqu’au 27 et 28 octobre pour espérer avoir en face de moi à la barre Monsieur et Madame Macron et dire enfin ce que j’ai à dire sans censure ni effacement.

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