Macron a rouvert Notre Dame. Il n’aura pas cinq minutes pour la montrer au pape.
L’Élysée avait prévu les tambours, la Grand Croix, un dîner d’État et cinq minutes en tête à tête à Notre Dame. Rome a rendu la liste raccourcie. La presse écrit refus, la Conférence des évêques écrit format. Deux mots pour le même carton revenu annoté.
Macron a rouvert Notre Dame. Il n’aura pas cinq minutes pour la montrer au pape.
L’Élysée avait prévu les tambours, la Grand Croix, un dîner d’État et cinq minutes en tête à tête à Notre Dame. Rome a rendu la liste raccourcie. La presse écrit refus, la Conférence des évêques écrit format. Deux mots pour le même carton revenu annoté.

Il y a, dans toute visite officielle, un moment que personne ne raconte et qui décide de tout. Ce n’est pas le tapis. C’est la liste. Un document de service qui part d’un cabinet, arrive dans un autre, et revient avec des lignes en moins.
Celle là est partie de l’Élysée et elle est revenue de la Secrétairerie d’État du Saint Siège. On sait désormais ce qui en a disparu.
La Grand Croix de la Légion d’honneur. Le déjeuner ou le dîner d’État avec Emmanuel Macron. L’accueil militaire avec les tambours de la Garde républicaine. Et, selon La Croix, l’aparté de quelques minutes à Notre Dame de Paris, pendant lequel le président souhaitait présenter lui même au pape les travaux de restauration menés après l’incendie de 2019.
Cette dernière ligne est la seule qui coûte vraiment quelque chose. Notre Dame rouverte est le plus gros objet de communication du second mandat. Il devait être montré au plus gros invité de l’année. Il le sera, mais pas par lui.
Ce qui reste, et c’est considérableLéon XIV arrive à Orly le vendredi 25 septembre à 10 heures. Il se rend à l’Élysée, où il prononce son premier discours devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique. À 15 heures, il parle au siège de l’Unesco. Il préside ensuite les vêpres à Notre Dame de Paris devant les évêques, prêtres, diacres et personnes consacrées. À 21 heures, veillée de prière avec les jeunes au Stade de France. Le voyage apostolique court du 25 au 28 septembre, Paris les 25 et 26, puis Lourdes, puis Metz le 28.
Il prononcera 15 discours en France. Tous en français, à l’exception de celui de l’Unesco et d’un discours à Metz, prévus en anglais ou en version bilingue. 600 000 personnes sont attendues place de la Concorde pour une messe en plein air.
Reste le mot, et c’est là que l’affaire devient intéressante. La presse française écrit refus. La Conférence des évêques de France dit exactement l’inverse : il ne s’agit pas d’un refus du Vatican, mais du fait que ces séquences ne correspondent pas au format habituel d’un voyage apostolique. Une visite d’État reçoit un chef d’État. Un voyage apostolique rend visite à des fidèles. Le Saint Siège tient au second, et il a d’ailleurs communiqué en ce sens avant l’arrivée.
Les deux versions se défendent, et elles ne racontent pas la même chose. L’une décrit un camouflet. L’autre décrit un protocole. L’Élysée, lui, n’a rien tranché publiquement à l’heure du bouclage, ce qui est une réponse en soi.
On connaît la mécanique. Une décoration ne se demande pas, elle se prépare. Un dîner d’État se négocie sur un plan de table avant de se négocier sur une date. Quand une administration a fait répéter des tambours et qu’on lui rend les tambours, ce n’est pas le protocole qui parle. C’est le rang.
Le total, que personne ne faitLe 16 septembre, on écrivait ici que le protocole avait dit non pour Notre Dame. Trois jours plus tard, la liste s’est allongée de deux lignes, et aucune rédaction n’a additionné. Le voilà, le total : trois honneurs préparés, trois honneurs écartés, un accueil présidentiel maintenu à Orly, quatorze discours en français sur quinze.
Ce n’est pas la première fois cette année que l’Élysée découvre qu’un invité choisit la salle. On l’a vu le 18 septembre avec la salle Véga, dont on connaissait l’heure, l’étage et le nom avant la réunion. On l’a écrit en juillet, quand une source résumait le palais à une boîte aux lettres. On a compté en septembre les 8 chargés de mission de 2018 que le Journal officiel avait laissés de côté. Une maison qui maîtrise mal sa propre liste maîtrise mal celle des autres.
Le 25 septembre à 10 heures, Emmanuel Macron accueillera Léon XIV à Orly, et les deux hommes se croiseront plusieurs fois en quatre jours. La question n’est pas de savoir qui a refusé quoi à qui. Elle est de savoir lequel des deux avait le plus besoin de l’image, et ce qu’il fera de celle qu’il obtiendra quand même.
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