Paris reçoit le classement mondial des hôtels la semaine prochaine. Son Ritz y figure soixante douzième
Mardi 15 septembre, Salles du Carrousel, la cérémonie des 50 Best Hotels quitte Londres pour la première fois. La même année, quatre maisons françaises ont perdu leur label Palace, dont le Byblos. Deux jurys, deux verdicts, un seul pays.
Paris reçoit le classement mondial des hôtels la semaine prochaine. Son Ritz y figure soixante douzième
Il y a une plaque à l’entrée, et elle a une histoire. Le label Palace, créé en 2010, s’attribue pour trois ans et se renouvelle. Un concierge sait toujours, six mois avant l’annonce, si la sienne va tomber. On ne le lui dit pas. Il le devine à la fréquence des visites, à la manière dont la direction commence à parler d’autre chose, à la campagne de travaux qui arrive un peu trop vite. Cette année, quatre l’ont su avant tout le monde.
Atout France a arrêté sa collection 2026 : 33 établissements. Six entrent, dont le Bvlgari Hôtel Paris, le Cheval Blanc Paris et le Fouquet’s Paris, rejoints par le Four Seasons Resort de Megève, l’Hôtel Martinez à Cannes et le Royal Champagne de Champillon. Quatre sortent : l’Hôtel du Palais à Biarritz, le Byblos à Saint Tropez, le Park Hyatt Paris Vendôme et le Mandarin Oriental Paris, ce dernier engagé dans une rénovation (Journal du Luxe, d’après Atout France).
Le Byblos. Il faut s’arrêter deux secondes. Saint Tropez sans le Byblos labellisé, c’est le port sans Sénéquier. On y allait pour ne pas être vu, on y est allé pour être vu, et maintenant on n’y est plus recensé. Une plaque disparaît du hall et cinquante ans de saison changent de statut administratif en une ligne de communiqué.
Passons au deuxième jury, celui qui compte à l’international. The World’s 50 Best Hotels tient sa quatrième édition à Paris la semaine du 14 septembre, avec la cérémonie le mardi 15 aux Salles du Carrousel. C’est la première fois que le classement quitte Londres depuis sa création en 2023. Programme sur plusieurs jours, sur invitation uniquement : un événement d’accueil, un banquet d’ouverture la veille pour les hôteliers des cent maisons classées, un forum de discussion, puis le tapis rouge, le décompte du classement et la conférence de presse du gagnant.
Le jury est une académie de plus de 800 votants anonymes : hôteliers, journalistes de voyage, formateurs, voyageurs d’affaires et clients réguliers du luxe. Huit cents personnes qu’on ne nomme pas, qui décident du classement mondial d’un secteur, et qui viennent le proclamer dans la ville qu’elles évaluent. À la mondanité près, c’est irréprochable.
Reste la liste étendue, dévoilée le 1er septembre, celle des rangs 51 à 100. La France y place quatre maisons. La Réserve Paris rentre et prend la tête de la liste étendue au 51. Le Carlton Cannes entre au 80. Le Maybourne Riviera, à Roquebrune Cap Martin, revient au 93. Et le Ritz Paris entre au 72.
51 celui de La Réserve Paris, meilleure française du classement étendu
33 établissements labellisés Palace en France en 2026, dont 4 déchus cette année
800 votants anonymes composant l’académie du classement mondial
20 hôtels asiatiques et 16 européens sur la liste étendue
Le Ritz, soixante douzième. La maison de la place Vendôme, celle dont l’histoire est si dense que nous lui avons consacré un épisode entier de notre série sur les années d’Occupation, arrive derrière soixante et onze autres adresses dans un classement remis à cinq cents mètres de son perron. Il y a des humiliations plus élégantes, il n’y en a pas de plus parisiennes.
Ce que personne n’écrit, parce que ce sont deux rubriques différentes dans les mêmes journaux et qu’elles sont parues à trois mois d’écart : l’hôtellerie de luxe française a passé l’année à perdre des labels et vient de gagner le droit d’organiser la remise des prix. On appelle cela un rayonnement. Dans n’importe quel autre secteur, on appellerait cela un lot de consolation avec traiteur.
Le contexte, lui, ne rassure personne dans les états majors. Le luxe sort de trois années difficiles et se relève doucement (notre analyse du semestre). Le Mandarin Oriental Paris, dont nous avions raconté la mécanique intérieure dans le carnet du concierge, entre en travaux et sort de la liste. Le Shangri La, dont nous avions décrit l’ancien hôtel particulier du prince Roland Bonaparte, garde la sienne. Et à Saint Tropez, où nous documentions déjà un racket organisé des restaurateurs qui n’acceptent plus les pauvres, le mythe local perd sa plaque pendant que deux autres adresses du village la conservent.
Une précision, parce qu’elle sera confondue partout : c’est le Mandarin Oriental Paris qui perd le label. Le Mandarin Oriental Lutetia, rive gauche, conserve le sien. Deux maisons, une enseigne, un jury, deux sorts.
Alors la question tient en une ligne, et elle sera posée mardi soir dans le hall des Salles du Carrousel, entre la coupe et le décompte. Si un label français se retire à quatre maisons pendant que huit cents anonymes en couronnent cent, qui reste il pour dire ce qu’est un grand hôtel, à part le client qui paie la chambre ?
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NOTE DE TRANSPARENCE · le classement des 50 premiers hôtels n’est pas connu à l’heure du bouclage, il sera dévoilé le 15 septembre. Les rangs cités concernent uniquement la liste étendue 51 à 100 publiée le 1er septembre. La liste Palace d’Atout France a été arrêtée en juin 2026.
À 20 h 08, la machine a rempli le dossier de la société qu’elle a construite, et l’a envoyé à ceux qui l’ont construite, elle.
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