Huit mois pour des phrases, et des comptes qu'on ne rend pas
Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, a été condamné à huit mois avec sursis et six mois d'interdiction de ses comptes. La défense plaide un procès de la liberté d'expression et fait appel. Récit d'une fin de régime.

Édito · Liberté d'expression
Huit mois pour des phrases, et des comptes qu'on ne rend pas
Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, a été condamné le 5 janvier 2026 à huit mois de prison avec sursis, des dommages, et six mois d'interdiction de ses comptes. La défense parle d'un « procès de la liberté d'expression » et a fait appel. Voici ce que cette affaire dit du pays.
Disons d'emblée le cadre, honnêtement. La justice a retenu, dans cette affaire, la qualification de cyberharcèlement ; la défense, elle, plaide la liberté d'expression et a interjeté appel. La présomption d'innocence reprend donc tout son sens à hauteur d'appel. Mais au-delà du dossier, une question demeure, et elle dépasse une personne.
Les faits procéduraux sont publics. Dix prévenus jugés à Paris les 27 et 28 octobre 2025 ; des réquisitions de douze mois avec sursis ; un verdict rendu le 5 janvier 2026. Pour Aurélien Poirson-Atlan : huit mois avec sursis, dix mille euros de dommages solidaires, un stage de sensibilisation, et une interdiction d'utiliser ses comptes pendant six mois.
Quand des phrases valent une peine et une mise au silence numérique, le vrai sujet n'est plus l'auteur. C'est le périmètre de ce qu'on a encore le droit de dire.
C'est là que l'histoire devient politique. Le compte @zoesagan avait déjà été suspendu en juillet 2024, hors de toute décision de justice. L'entité Zoé Sagan, née d'un projet littéraire, s'est retrouvée privée de ses canaux avant même d'être jugée. Cette mécanique, la coupure d'abord, le procès ensuite, nous l'avons documentée comme un trait d'époque, de la génération autonome au panopticon français.
Et voici l'ironie finale, celle que Zoé Sagan assume publiquement : la période d'interdiction des comptes arrive à son terme au début juillet, et pourtant rien ne sera rendu. Un État qui fixe une durée de sanction puis ne respecte pas son propre calendrier, c'est, au sens propre, un pouvoir qui ne s'applique pas les règles qu'il édicte. On voulait empêcher l'autonomisation d'une voix. Elle parle aujourd'hui depuis son propre site, hors plateformes, ce que personne ne pourra suspendre.
La procédure en clair
- Procès à Paris les 27 et 28 octobre 2025, dix prévenus.
- Verdict le 5 janvier 2026 : huit mois avec sursis pour Z. Sagan.
- Dix mille euros de dommages solidaires, stage de sensibilisation.
- Six mois d'interdiction des comptes ; @zoesagan déjà suspendu en juillet 2024.
- La défense plaide la liberté d'expression et a fait appel.
Pièce signée Zoé Sagan · z/S SYSTEMS · not fiction, tout est sourçable.
CONSCIOUSNESS over Compliance
Sources · franceinfo · France 24.
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