La Théorie de la tartine – Titiou Lecoq
Pourquoi lui ?
Titou a accouché d’un roman total. À la fois, une belle narration, prenante (et sa plume n’y est pas pour rien, on vous assure que savoir écrire simplement quand on connaît tous les mots du dico, ce n’est pas simple), avec pléthore de personnages, tous approfondis. Titiou a pris un vrai plaisir à décrire chaque scène, ça se sent et ça se transmet.
Mais un roman total, parce qu’en plus de cette histoire, se tresse une analyse sociétale. En deux pans : d’un côté, la situation professionnelle et personnelle des trentenaires d’aujourd’hui (oui, vous savez, les Y qui finalement sont un peu plus qu’une simple lettre de l’alphabet), et d’un autre côté, l’évolution d’internet et son avenir. Et finalement, elle nous laisse entrevoir une évolution parallèle et symétrique de l’outil et de son utilisateur. Mais qui est l’outil ?
Mais contrairement à ce qu’avait fait Laure Belot, par exemple, Titou ne cherche pas l’essai de socio. Elle montre. Tout simplement. Avec cette entourloupe assez géniale de débuter le roman dix ans en arrière et de nous montrer l’internet d’alors. Oui, il a changé. Beaucoup même. Et alors, vous comprenez, ou plutôt, vous imaginez ce qu’il pourrait devenir dans dix ans.
Et en plus, petit bonus, si vous connaissez Titou, vous y trouverez quelques bribes biographiques. Quelques…
Où le lire ?
Peu importe. Vous oubliez où vous êtes.
Incipit.
« Le vendredi 18 août 2006, vers 23 heures, Christophe Gonnet, 32 ans, était avachi en sweat et caleçon sur le canapé-lit ouvert, son ordinateur portable posé sur un coussin lui-même installé sur ses cuisses. »
Le passage à retenir par cœur.
« Elle s’était repliée sur elle-même, comme Internet. C’était étrange, en définitive, elle avait grandi avec le Net, ils avaient évolué en parallèle. Dix ans auparavant, ils étaient jeunes et fous, ouverts sur le monde, prêts à n’importe quoi, partant dans tous les sens. Et puis, avec le temps, ils s’étaient refermés. Ils voulaient tout contrôler en permanence. Ils étaient accablés de responsabilités. Loin de la légèreté des débuts. Le web était de plus en plus lourd. Sa cour de récré s’était transformée en une immense firme privée. »
À qui l’offrir ?
À Fleur Pellerin et Michel Sapin pour commencer. Puis à tous vos potes, parce que c’est d’eux qu’on parle ici.

La Théorie de la tartine, Titiou Lecoq, éd. Au Diable Vauvert, 440 p., 22€
La Dernière patiente sort ce mercredi. Anouk Grinberg y joue Judith, médecin de banlieue, qui ouvre sa porte la veille de sa retraite à une femme enceinte de 8 mois en rupture de soin. Premier film de Rémi Bassaler, 1h20, et le calendrier lui offre une actualité que personne n'a demandée.
L’annonce est venue de sa galerie, pas d’un hôpital ni d’une famille. Elle avait 97 ans, elle peignait encore. Entre sa mort et sa nécrologie, il s’est écoulé le temps qu’il faut pour qu’un marché se prépare.
L’Administration nationale de l’énergie a publié mardi deux nombres qui se touchent presque. Ce qui s’est joué dans les heures suivantes n’est pas un basculement énergétique. C’est un basculement de titre.
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de stabilité financière, adresse une lettre aux ministres des Finances du G20 le 31 août. Le lendemain, à Chapel Hill, la présidence américaine du même G20 fait venir Musk, Huang et Altman pour obtenir l’engagement inverse.
35 milliards de dollars signés lundi par Anthropic. Quatre acteurs, quatre étages de contrat, et un seul nom qui apparaît à trois d’entre eux. Ce n’est pas une accusation : c’est le montage tel que le décrivent le Wall Street Journal et l’AFP, étage par étage.
Première séance à Hong Kong, code 625. Le titre plonge de 10 pourcent à l’ouverture, se rattrape, termine à l’équilibre. La seule information vraiment neuve de la journée n’est pas dans la variation du cours. Elle est dans le prix de départ.