Un jean pénalisé 9 euros, une veste 12, et Zara ne paie rien : le malus qui a choisi ses coupables
L’arrêté est paru au Journal officiel le 28 août. Il s’applique le 1er septembre. Trois jours. Quinze catégories de vêtements, de 0,50 euro le boxer à 19,50 euros la veste en 2030, et une liste d’exemptés qui ressemble à s’y méprendre à l’annuaire de la mode européenne.
Un jean pénalisé 9 euros, une veste 12, et Zara ne paie rien : le malus qui a choisi ses coupables
L’arrêté est paru au Journal officiel le 28 août. Il s’applique le 1er septembre. Trois jours. Quinze catégories de vêtements, de 0,50 euro le boxer à 19,50 euros la veste en 2030, et une liste d’exemptés qui ressemble à s’y méprendre à l’annuaire de la mode européenne.
Voilà donc la France pionnière. À partir de ce mardi 1er septembre 2026, une pénalité progressive frappe les vêtements dits d’ultra fast fashion vendus par Shein, Temu et AliExpress. Le barème démarre à 0,50 euro pour un boxer, un caleçon ou une paire de chaussettes, passe à 9 euros pour un jean et 12 euros pour une veste, et grimpe jusqu’en 2030 : 2 euros les chaussettes, 19,50 euros la veste, le tout plafonné à 50 pourcent du prix de l’article (ConsoGlobe, Boursorama).
Le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre a la formule prête.
Le modèle où les vêtements passent des étals aux poubelles. On note l’expression, on la met de côté, et on lit la suite du dossier. Parce que le cabinet du même ministre a pris soin de préciser qui ne sera pas concerné : Primark, Zara, Uniqlo, H&M. Une étude citée par la presse ajoute Kiabi et Decathlon à la liste des épargnés. La justification tient en une phrase.
Sans commune mesure. C’est un jugement de volume, pas de nature. L’arrêté définit l’ultra fast fashion par deux critères cumulatifs : les volumes massifs mis sur le marché et l’absence d’incitation à la réparation, ce dernier point mesuré par un coefficient prix sur coût de réparation. Un vêtement moins cher à racheter qu’à réparer bascule dans la catégorie. C’est astucieux. C’est aussi, appliqué tel quel, une ligne qui passe exactement là où commence la Chine.
Rappelons ce que Zara a inventé. La rotation de collection permanente, le réassort en quinze jours, le vêtement conçu pour une saison. H&M a industrialisé le prix plancher européen. Primark a fait du t shirt à 3 euros une norme de rue à Londres et à Paris avant que Shein n’existe. Aucune de ces maisons n’a jamais été citée pour l’incitation à la réparation. Elles paieront zéro euro. La pénalité ne sanctionne pas la pratique, elle sanctionne l’échelle de la pratique, ce qui revient à déclarer que le jetable devient un problème au delà d’un certain tonnage.
Sur les volumes, personne ne discute : Shein met en ligne plus de 6 000 nouveaux articles par jour. Le chiffre est indéfendable, il suffit de le lire. Mais la mécanique du malus produit un effet qu’aucun communiqué ne nomme. Les recettes des pénalités financeront des bonus pour les entreprises jugées vertueuses. Autrement dit, la plateforme chinoise financera le bonus de l’enseigne européenne qui a ouvert le marché qu’elle exploite. En 2026, le montant reste doux, 9 euros sur un jean, 12 sur une veste, pour « éviter un choc brutal ». Le choc est reporté à 2030, quand personne ne se souviendra du barème initial.
Il y a enfin le calendrier, et il est de la même famille que celui de la redevance PFAS publié ce même 1er septembre. L’arrêté paraît au Journal officiel le 28 août pour une entrée en vigueur le 1er septembre. Vendredi le texte, mardi l’application. Trois jours pour que quinze catégories de vêtements, des chaînes logistiques entières et des services douaniers intègrent un barème. Bruxelles observe, dit on, et une harmonisation européenne est « envisagée dans les années à venir ». Traduction : la France a mis un prix, elle attend de voir qui le paiera vraiment.
Nous n’avons rien contre l’idée de taxer le vêtement jetable. Nous avons quelque chose contre l’idée qu’on puisse définir le jetable de façon à ce qu’il ne soit jamais européen. Le boxer à 0,50 euro de pénalité a une origine. Le boxer à zéro euro de pénalité en a une autre. C’est à peu près la seule différence que l’arrêté garantit.
NOTE DE TRANSPARENCE · les pages du Figaro et de CB News n’ont pas pu être ouvertes directement au moment de la rédaction : elles sont citées comme sources d’origine de l’arrêté via ConsoGlobe et Boursorama, qui les référencent. La citation de Mathieu Lefèvre et celle attribuée à son cabinet sont reprises de ConsoGlobe et recoupées par la reprise du barème dans la presse économique du 28 août ; aucune n’a été recueillie en direct. Le plafonnement à 50 pourcent du prix de l’article est rapporté par la reprise de l’arrêté et n’a pas été vérifié sur le texte du Journal officiel lui même. La mention de Kiabi et Decathlon parmi les enseignes non affectées provient d’une étude citée par ConsoGlobe et non nommée par elle : elle est donnée ici comme telle et non comme fait établi.
PARADISE #044. Rencontre Parsons 1984. Marc Jacobs International Inc 1986. Marc Louis Vuitton creative director 1997-2013 par Bernard Arnault. Stephen Sprouse 2001, Murakami 2003, Richard Prince 2007, Yayoi Kusama 2012. Marc rachat 100% capital Robert 2017 = 70 millions deal. Robert effacé
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