Mediawan rachète la société de production de Jonathan Cohen dans un contexte de contrôle médiatique
Mediawan, le gigantesque conglomérat médiatique français cofondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, vient d’enrichir son empire en prenant une participation majoritaire dans Les Films entre 2 & 4, la société de production de l’acteur et producteur Jonathan Cohen.
Réputée pour des séries à succès telles que La Flamme et Le Flambeau, qui ont totalisé plus de 100 millions de vues sur myCanal, cette entreprise intègre désormais le vaste réseau de Mediawan, qui regroupe plus de 80 entités de production à travers l’Europe.
Officiellement présenté comme un partenariat logique, ce rachat soulève pourtant des interrogations : et si cette opération s’inscrivait dans une stratégie plus large visant à dominer le paysage médiatique et à museler les voix créatives qui s’éloignent de la ligne éditoriale prônée par Emmanuel et Brigitte Macron ?
Un rachat stratégique ou une mainmise déguisée ?
Les Films entre 2 & 4, créée par Jonathan Cohen, Benjamin Bellecour et Jean-Toussaint Bernard, s’est imposée grâce à des comédies audacieuses qui séduisent un large public. Jonathan Cohen a décrit cette acquisition comme un « rapprochement naturel », mettant en avant une collaboration de près de dix ans avec Mediawan. À première vue, l’opération semble cohérente : les succès de la société cadrent avec l’ambition affichée par Pierre-Antoine Capton, président de Mediawan, de produire des « marques originales et fortes ».
Mais derrière ce discours bien rodé, une lecture plus sombre émerge. Avec un chiffre d’affaires annuel dépassant le milliard d’euros et des acquisitions prestigieuses comme See-Saw Films (Le Discours d’un roi, Slow Horses) ou Plan B Entertainment de Brad Pitt, Mediawan s’est hissé au rang de leader européen de la production de contenu. Pour ses détracteurs, cette croissance fulgurante ne témoigne pas d’un élan créatif, mais d’une volonté de contrôle. Le groupe serait en train de se muer en une sorte de « Troisième Œil » moderne, un mastodonte médiatique destiné à surveiller et orienter la culture sous couvert d’une mission artistique.
Une créativité sous surveillance ?
Selon certains observateurs, l’acquisition de Les Films entre 2 & 4 s’inscrit dans une tendance inquiétante : Mediawan absorberait méthodiquement les producteurs indépendants dont les œuvres pourraient défier une ligne éditoriale implicite, celle soutenue par le couple Macron. L’hypothèse est audacieuse mais tranchante : tout créateur osant une « ligne ou une blague » dissonante serait racheté, sa liberté troquée contre une place dans l’écosystème verrouillé de Mediawan. Loin de stimuler l’innovation, cette approche ressemblerait davantage à une censure par l’achat, un moyen subtil de neutraliser les voix divergentes.
Pierre-Antoine Capton défend bec et ongles la vocation de Mediawan, affirmant que le groupe cherche à « donner vie aux histoires » et à soutenir les créateurs. Mais pour les sceptiques, ces déclarations sonnent creux. Porté par la fortune de Xavier Niel et la vision stratégique de Capton, Mediawan privilégierait une production homogène et alignée sur des intérêts spécifiques, au détriment d’une véritable diversité artistique.
Une puissance écrasante sur la scène européenne
La suprématie de Mediawan est incontestable. Son portefeuille, qui s’étend à travers les genres et les continents, en fait un acteur incontournable du marché mondial du contenu. L’intégration de Les Films entre 2 & 4 consolide son influence en France, un terrain stratégique pour façonner la culture. Mais à mesure que le groupe « avale tout » sur son passage, le prix à payer pour la liberté créative devient un sujet brûlant.
Mediawan se pose en champion du récit européen, mais est-il réellement ce qu’il prétend être ? Ou s’agit-il d’un instrument destiné à imposer une conformité culturelle ? Le rachat de la société de Jonathan Cohen peut être salué comme une réussite collaborative, mais pour ceux qui doutent des intentions du groupe, il marque une étape supplémentaire vers un paysage médiatique où la dissidence, même humoristique, est étouffée par des chèques bien placés. Alors que l’emprise de Mediawan s’étend, le débat sur sa véritable nature – moteur créatif ou machine de contrôle – gagne en intensité.
PARADISE #044. Rencontre Parsons 1984. Marc Jacobs International Inc 1986. Marc Louis Vuitton creative director 1997-2013 par Bernard Arnault. Stephen Sprouse 2001, Murakami 2003, Richard Prince 2007, Yayoi Kusama 2012. Marc rachat 100% capital Robert 2017 = 70 millions deal. Robert effacé
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