33,4 milliards de dollars pour quatre mois de guerre contre l’Iran. Le rapport du Pentagone dit aussi, en trois endroits, ce que ce chiffre ne compte pas
L’inspecteur général du département de la Défense a remis au Congrès son rapport sur l’opération « Epic Fury ». La presse a retenu la contradiction avec Donald Trump. Le document contient une seconde information, moins reprise : son propre périmètre.
33,4 milliards de dollars pour quatre mois de guerre contre l’Iran. Le rapport du Pentagone dit aussi, en trois endroits, ce que ce chiffre ne compte pas
L’inspecteur général du département de la Défense a remis au Congrès son rapport sur l’opération « Epic Fury ». Il confirme des pénuries de munitions et d’armements avancés. La presse a retenu la contradiction avec Donald Trump. Le document contient une seconde information, moins reprise : son propre périmètre.
Le rapport a été rendu public à la mi septembre 2026. Il porte sur la période allant du 28 février, début de la guerre, au 30 juin. Il est signé de l’inspecteur général du département de la Défense des États Unis, une autorité de contrôle interne qui rend compte au Congrès et non à l’exécutif.
Les chiffres, d’abord, dans l’ordre où le document les donne. Coût estimé de l’opération sur la période : 33,4 milliards de dollars, soit environ 29 milliards d’euros. Part consacrée aux seules munitions : 22,3 milliards de dollars. Le rapport constate des « strategic inventory shortfalls », des déficits de stocks stratégiques, et des goulets d’étranglement dans la capacité de l’industrie de défense américaine à reconstituer ces stocks. Des experts cités estiment à environ 3 ans le délai nécessaire pour ramener les missiles avancés et les intercepteurs défensifs à leur niveau d’avant guerre.
Les pertes matérielles sont détaillées. 4 chasseurs F-15 détruits. 1 F-35 endommagé. 7 ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits, dont 5 frappés au sol en Arabie saoudite par des munitions iraniennes. Et jusqu’à 30 drones MQ-9 Reaper détruits, à environ 30 millions de dollars l’unité.
30 drones à 30 millions de dollars. Jusqu’à 900 millions de dollars de matériel qui n’est pas de la munition.Le rapport documente également des dégâts sur des bases américaines dans 8 pays : Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Irak, Oman et Jordanie. Des centaines de bâtiments et d’installations endommagés ou détruits. Et il précise, sur ce point, deux choses que la presse n’a presque pas reprises. Premièrement, le coût de réparation ou de reconstruction de ces installations n’est pas inclus dans les 33,4 milliards de dollars. Deuxièmement, les autorités américaines n’ont pas encore déterminé si toutes seront reconstruites, ni qui paiera.
Trois exclusions sont donc écrites dans le document lui même. Le coût des réparations dans 8 pays est hors périmètre. Les 900 millions de dollars de drones ne sont pas dans la ligne munitions. Et la comptabilité s’arrête au 30 juin. Le chiffre de 33,4 milliards n’est pas un total, c’est un plancher, et c’est le rapport qui le dit.
La réaction de la Maison Blanche est documentée et elle ne varie pas. Donald Trump maintient que les stocks de munitions américains sont « virtually unlimited », pratiquement illimités, et que la production est à un niveau record. Sur Truth Social, lundi 14 septembre, il a écrit que les États Unis produisaient « more exquisite and elite weapons than at any time in our history », davantage d’armes exquises et d’élite qu’à aucun moment de leur histoire. Le Pentagone, de son côté, maintient que l’armée américaine dispose des armes nécessaires à tout conflit.
Une précision sur les chiffres qui circulent, parce que deux nombres différents ont fait des titres différents. Certains médias ont retenu 22,3 milliards de dollars, d’autres 33,4 milliards. Ce ne sont pas deux estimations concurrentes du même coût. Ce sont deux lignes du même rapport : 22,3 est la part munitions, 33,4 est le coût total de l’opération sur la période considérée.
Ce dossier prolonge trois enquêtes déjà ouvertes ici. Sur la traçabilité des composants, voir les puces ST retrouvées dans les drones russes et la suite consacrée au suivi de la marchandise après la promesse. Sur l’écart entre un effectif annoncé et une capacité réelle, voir la réserve britannique de 95 000 noms qui ne fait pas une armée prête. Sur le cadre diplomatique, voir le plan de travail de la présidence française du Conseil de sécurité. Sur la parole publique de l’intéressé, voir la promesse de 5 000 dollars par adulte américain faite à Dallas. Et pour la lecture française du même poste budgétaire, voir les quatre chiffres de croissance de l’année 2026, dont le détroit d’Ormuz.
Note de transparence · les éléments de ce brief proviennent du compte rendu du rapport publié par Euronews le 15 septembre 2026. Le document original de l’inspecteur général n’a pas été consulté directement. Le chiffre de 30 drones est donné comme un maximum par le rapport, l’estimation de 900 millions de dollars est un calcul de la rédaction à partir du coût unitaire cité et n’apparaît pas dans le document.
Le rapport s’arrête au 30 juin 2026. Aucune actualisation portant sur le troisième trimestre n’a été transmise au Congrès à ce jour.
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