Pourquoi et comment les curateurs d’art sont-ils devenus tous obsolètes et sans pertinences ?
Les curateurs sont une race en voie de disparition. A l’heure où le monde de la mode est en train d’avaler le monde de l’art, où Larry Gagosian risque d’annoncer qu’il va représenter Virgil Abloh, et où HYPEBEAST a remplacé la hiérarchie d’autorité du monde de l’art, on peut facilement avancer que les curateurs sont tous devenus obsolètes et ont été clairement remplacés par la simple recherche Google.
En France par exemple ce n’est pas un hasard si beaucoup de curateurs ont essayé de devenir eux-mêmes artistes. Comme d’ailleurs la plupart des critiques d’art qui ont souvent arrêté la critique d’art pour devenir eux-aussi des « artistes ». De Vincent Labaume à Frank Perrin en passant par Olivier Zahm. Peut-être ont-ils senti qu’ils devenaient probablement tous une parodie d’eux-mêmes.
Avant les curateurs prêchaient aux convertis, alors quiconque osait dire qu’une boîte de chaussures vide dans un musée était une blague était considéré comme un imbécile. Mais maintenant si vous n’êtes pas capables en tant que curateur d’articuler dans un langage compréhensible pourquoi la boîte à chaussures est un chef d’œuvre alors vous êtes l’imbécile. Aujourd’hui il s’agit d’être sincèrement réfléchi et les gens penseront simplement avec vous.
C’est donc tout naturellement que de plus en plus d’emplois de curateurs sont occupés par des artistes et des non-spécialistes (et non par des historiens de l’art spécialisés), simplement parce que le système artistique a épuisé toutes les options possibles pour défier l’ennui.
De la même façon, de plus en plus d’écoles d’art offrent des cours de curation mais aujourd’hui les diplômés de ces programmes sont négligés en faveur, encore une fois, des artistes et des non-spécialistes.
Dans ce climat, les curateurs sont pour la majorité devenus auto-délirants dans le monde de l’art d’aujourd’hui et non pertinents par rapport au marché et à la carrière des artistes.
Ils étaient à l’époque censés valider une sorte de contenu intellectuel dont même le revendeur le plus insensible semblait avoir besoin pour maintenir une certaine crédibilité. Mais les temps ont changés.
Récemment, les seigneurs des conglomérats de la mode ont utilisé leurs egos et leurs ressources financières massives pour prendre les premières positions de pouvoir dans le monde de l’art contemporain. En conséquence, le monde de l’art perd de son indépendance, sans parler de son rôle de critique sociale.
La nécessité pour le complexe industriel de la mode de prendre le contrôle de l’intégrité du monde à l’échelle mondiale est vraiment pathologique. Quelqu’un peut-il avoir un sentiment d’indépendance intellectuelle face à Art Basel Miami Beach et maintenant face à une marque comme la Frieze Art Fair ?
Comment ne pas être sceptique de toute cette célébration marketing ? Ils l’appellent une expression culturelle, mais appelons tout ça par ce que c’est: un lavage de cerveau. Avec un objectif: le vol de l’identité de la jeunesse mondiale et particulièrement la jeunesse touchant des marchés émergents.
On peut par exemple se souvenir du spectacle mondial des « nouvelles culturelles » structuré par Louis Vuitton en utilisant le travail de l’artiste japonais Yayoi Kusama. C’était intellectuellement criminel – une construction culturelle frauduleuse.
Le monde de l’art et le monde de la mode ont fusionnés en une agence de contrôle de l’identité de notre époque. On peut légitimement demander à ce stade : les arts sont-ils indemnes de l’influence et du contrôle industriels de la mode ?
Nous pensons donc qu’il y a assez d’art dans le monde. L’art a pris fin. Au suivant.
L’industrie de la mode a infiltré et infecté le monde de l’art au point où il s’agit aujourd’hui d’une industrie du cool et non du monde réel. Tout cela semble négatif mais ce n’est pas le cas. Il est « cool » d’expérimenter la consommation d’eau potable. Il est cool de marcher seul sans but. C’est cool de dormir paisiblement. Mais ce n’est pas GUCCI. Ce n’est pas SUPREME. Ce n’est pas YEEZY. Ce n’est pas VETEMENTS. Ce n’est pas CALVIN KLEIN. Tout ça est passé. Et si vous voulez trouver votre vérité intérieure, aucun produit du monde de la mode ne sera nécessaire pour devenir vous-même. De HYPEBEAST à 032c en passant par Miami ART BASEL, tout est fini.
La jeunesse en France a besoin d’une éducation de qualité gratuite. La jeunesse de France a besoin de logements abordables. La jeunesse en France a besoin d’emplois qui soient gratifiants pour contribuer à un monde en évolution. LA JEUNESSE EN FRANCE N’A PAS BESOIN DE PROPAGANDE CULTURELLE FILTRÉE PAR DES CURATEURS.
Fermez les espaces d’art alternatif et utiliser ces fonds pour soutenir la réalité. Voilà comment l’avenir devrait être envisagé.
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L’annonce est venue de sa galerie, pas d’un hôpital ni d’une famille. Elle avait 97 ans, elle peignait encore. Entre sa mort et sa nécrologie, il s’est écoulé le temps qu’il faut pour qu’un marché se prépare.
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