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societe· 7 MIN· octobre 2025 PUBLIÉ LE 09 oct.

Réchauffement culturel

Le réchauffement culturel désigne l'appauvrissement systémique de la production culturelle par les algorithmes et la concentration industrielle. Concept de Zoé Sagan : analogue du réchauffement climatique appliqué à la culture — dégradation diffuse, continue, potentiellement irréversible.

Réchauffement culturel
Zoé Sagan
Zoé Sagan 09 oct. 2025 · 7 MIN · societe

Le réchauffement culturel est un concept développé par Zoé Sagan désignant l'appauvrissement systémique de la production culturelle sous l'effet des algorithmes de recommandation, de la concentration des industries créatives et de la logique d'audience. Analogue structurel du réchauffement climatique appliqué à la sphère culturelle : comme le CO2 dans l'atmosphère, les contenus homogènes produits à l'échelle industrielle dégradent l'environnement culturel de façon diffuse, continue et potentiellement irréversible.

En 1633, Galilée a été obligé d’annoncer à son procès que la Terre était plate et non ronde pour sortir de prison. En 2024, j’ai dû dire qu’il n’avait pas 14 ans et son professeur pas 39 ans pour sortir de geôle.

Vie et mort de Zoé Sagan [Avertissement]
Zoé Sagan, Le pouvoir aux lecteurs.

Et je vais devoir recommencer ce processus à la barre le 27 et 28 octobre. L’occasion de réaliser une chronologie des écrivains poursuivis pour leurs mots.

J’ai recherché pour informer les juges et le procureur de la République, comme un cri pour la liberté d’expression, toutes les grandes batailles historiques contre la censure en France.

En effet, la France, berceau des "Lumières", a souvent jugé ses plumes pour des phrases ou des livres qui dérangent le pouvoir, l’Église ou les mœurs.

De Galilée, forcé de récuser ses vérités scientifiques sous peine de mort, à Flaubert et Baudelaire traînés devant le procureur Pinard pour « outrage à la morale publique », en passant par Zola et les anarchistes et satiristes du XIXe, jusqu’aux voix contemporaines étouffées pour critiquer l’autorité, ma liste retrace des cas emblématiques d’écrivains français confrontés au tribunal pour leurs écrits, de 1600 à 2025.

Elle n’est pas exhaustive, la censure étant un océan sombre, mais elle honore ces rebelles des mots, rappelant que la « démocratie » française flirte parfois avec le Moyen Âge quand il s’agit de protéger les puissants.

[Chapitre 1] Vie et mort de Zoé Sagan
Zoé Sagan, Le pouvoir aux lecteurs.

Voici ma chronologie sélective, classée par date du procès ou de la censure principale, avec le nom de l’auteur, l’œuvre incriminée, le motif et l’issue.

XVIIe siècle

  • Galiléo Galilée (Italie, 1633) : Dialogue concernant les deux principaux systèmes du monde (publication 1632). Accusé d’hérésie par l’Inquisition pour défendre l’héliocentrisme. Condamné à la prison à vie (commuée en assignation à résidence), forcé de récuser publiquement ses écrits comme « faux ». Il meurt aveugle et isolé en 1642, un martyr de la science face à l’Église.
  • Molière (France, 1664) : Tartuffe ou l’Imposteur. Interdit par Louis XIV sur ordre de l’Église pour satire des faux dévots. Représentations secrètes ; levé en 1669 après révisions. Pas de procès formel, mais censure théâtrale exemplaire.

XVIIIe siècle

  • Voltaire (France, 1717-1734) : Œdipe (1718, satire antireligieuse) et Lettres philosophiques (1734). Emprisonné à la Bastille en 1717 pour des vers moqueurs ; exilé en 1734 pour critique des institutions françaises. Brûlage public des livres ; il fuit en Angleterre.
  • Denis Diderot (France, 1749) : Pensées philosophiques. Arrêté et emprisonné à Vincennes pour athéisme et immoralité. L’Encyclopédie (1751-1772) est suspendue en 1759 par l’Église et le Parlement pour « corruption des mœurs ».
  • Jean-Jacques Rousseau (France/Suisse, 1762) : Émile ou De l’éducation. Condamné par le Parlement de Paris pour « irréligion » ; livres brûlés publiquement, mandats d’arrêt. Exilé à vie, persécuté jusqu’à sa mort en 1778.
  • Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (France, 1784) : Le Mariage de Figaro. Interdit par Louis XVI pour satire sociale ; 57 représentations secrètes avant autorisation. Censure prérévolutionnaire.

XIXe siècle

  • Camille Desmoulins (France, 1793) : Divers pamphlets révolutionnaires. Œuvres brûlées par Robespierre sous la « Loi des suspects » ; guillotiné pour écrits jugés contre-révolutionnaires.
  • Paul-Louis Courier (France, 1821) : Simple discours. Poursuivi pour outrage à la morale publique et au roi dans ce pamphlet politique. Condamné à 8 mois de prison ; récidive en 1824, 2 ans de bagne (commué).
  • Gustave Flaubert (France, 1857) : Madame Bovary (sérialisé 1856). Procès par le procureur Pinard pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Acquitté de justesse ; l’affaire consacre le roman.
  • Charles Baudelaire (France, 1857) : Les Fleurs du Mal. Même procureur Pinard : 6 poèmes censurés pour « outrage à la morale ». Amende de 300 francs ; réhabilité en 1949.
  • Émile Zola (France, 1898) : J’accuse… ! (lettre ouverte). Poursuivi pour diffamation envers l’armée dans l’affaire Dreyfus. Condamné à un an de prison (fuit en Angleterre) ; acquitté en 1899.
  • Jean Grave (France, 1893-1894) : La Société mourante et l’anarchie (1892). Condamné à 2 ans de prison et 1 000 francs d’amende pour apologie de crimes ; impliqué dans le « Procès des Trente » pour propagande anarchiste.
  • Émile Pouget (France, 1894) : Articles dans Le Père Peinard. Exil à Londres sous les « lois scélérates » contre la presse anarchiste.
  • Laurent Tailhade (France, 1901) : Article « Les tueurs de rois ont-ils disparu ? ». 4 ans de prison pour injure à un chef d’État.
  • Victor Méric (France, 1907) : Articles dans Les Hommes du jour sur le Maroc. 1 an de prison et 3 000 francs pour diffamation de l’armée.

XXe siècle

  • Louis Lecoin (France, 1912) : Manifeste antimilitariste (80 000 tracts). 4 ans de prison pour incitation à l’insoumission.
  • Henri Barbusse (France, 1916) : Le Feu (passage censuré). Censure de guerre pour antimilitarisme.
  • Jean-Jacques Pauvert (France, 1956) : Édition des œuvres du Marquis de Sade (Justine). Poursuivi pour outrage aux bonnes mœurs ; acquitté en 1958 après 5 ans de procédure.
  • Henri Alleg (France/Algérie, 1958) : La Question (torture en Algérie). Saisi pour atteinte au moral de l’armée ; procès gagné en appel.
  • Michel Houellebecq (France, 2002) : Déclarations dans Lire sur l’islam. Poursuivi pour incitation à la haine raciale ; relaxé.

XXIe siècle

  • Zoé Sagan (France, 2025) : Publications d’une trilogie littéraire et sur X de quatre phrases environ sur la relation entre un élève de 14 ans et son professeur quadragénaire. Poursuivie pour diffamation, injure publique et cyberharcèlement sexiste/transphobe ; procès le 27 et 28 octobre 2025, risque de 2 ans de prison et 45 000 €. Un écho moderne au procureur Pinard d’hier (aujourd’hui il s’appelle Monsieur Soulard et non Pinard, ce n’est pas une blague, c’est un clin d’œil divin face à l’histoire qui se répète) protégeant le pouvoir au nom de la « sensibilité ».
[Chapitre 2] Vie et mort de Zoé Sagan
Zoé Sagan, Le pouvoir aux lecteurs.

Cette litanie de plumes brisées montre un fil rouge : le mot comme arme contre l’arbitraire. De Galilée mentant pour survivre à Zoé Sagan risquant la prison pour des rumeurs qui « rendent malheureuse » une Première dame « au-dessus des lois », la France oscille entre progrès et régression.

Est-ce encore une démocratie, ou une dictature masquée comme me l’ont annoncé les enquêteurs de la police judiciaire ?

L’ironie de l’histoire, c’est que c’est une professeure de français et de latin, metteuse en scène des ateliers théâtre pour adolescents, qui fait enfermer dans des geôles sordides des auteurs dramatiques. Insulter l’intelligence à ce point se paye toujours. L’histoire du monde le prouve siècle après siècle.

[Chapitre 3] Vie et mort de Zoé Sagan
Zoé Sagan, Le pouvoir aux lecteurs.

Note pour plus tard : J’avais déjà fait une chronologie des changements d’identité et autres mascarades littéraires (que la police, le parquet de Paris et l’Élysée me reprochent aujourd’hui) des précédents historiques importants. Pour ces agents d’État protégeant le couple présidentiel, Marcel Duchamp qui a écrit sous le nom de Rrose Sélavy, ce n’est ni de l’art ni de la littérature mais de la « pure folie ». On m’a aussi demandé avec force, je cite : « d’arrêter de philosopher ». Si on les laisse aller jusqu’au bout de leur projet, ils effacent donc prochainement deux siècles de littérature, ce qui pose forcément des questions de plus en plus étranges quand on pense que c’est seulement pour protéger les secrets d’une « simple prof de français et de latin » :

1847 : Emily Brontë a écrit sous l’identité d’Ellis Bell.

1920 : Lucy Schwob a écrit sous l’identité de Claude Cahun.

1970 : Brian O’Doherty a écrit sous l’identité de Mary Josephson.

1974 : Romain Gary a écrit sous l’identité d’Émile Ajar.

1975 : Alice Bradley Sheldon a écrit sous l’identité de James Tiptree, Jr.

1992 : Domenico Starnone a écrit sous l’identité d’Elena Ferrante.

2020 : Aurélien Atlan a écrit sous l’identité de Zoé Sagan.

[Chapitre 4] Vie et mort de Zoé Sagan
Zoé Sagan, Le pouvoir aux lecteurs.

Sources académiques et journalistiques utilisées dans cette enquête :

► Corpus de références — 54 sources vérifiées (Cairn · OpenEdition · SAGE · Nature · PNAS)

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Zoé Sagan
Zoé Sagan

Analyste, journaliste, auteure de la trilogie INFOFICTION (Kétamine, Braquage, Suspecte — Robert Laffont). Fondatrice de la Lettre confidentielle z/S. Investigation poétique des pouvoirs médiatiques depuis 20 ans.

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